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Comment je trie mes photos pour ne garder que le meilleur ?

  • Photo du rédacteur: Lo Kee
    Lo Kee
  • 10 mars
  • 4 min de lecture

Lorsque je reviens d’une sortie photo, d'un shooting, d'un voyage, je me retrouve souvent avec des centaines de photos. Chaque image existe car une émotion, une lumière, un détail sur le moment, m’a poussé à déclencher. Mais toutes ces clichés ne valent pas nécessairement la peine d’être partagées ou imprimées. Il me faut donc faire un choix.


Le premier tri : noter chaque image


La première étape consiste à importer toutes mes photos et les passer en revue, ce qui m’aide à avoir une première vision globale. Je les développe selon ma technique personnelle et j’attribue à chacune une note allant de 0 à 5 :

  • 0 = poubelle

  • 5 = pépite


Les photos que je jette réellement sont très peu nombreuses. Ce n’est pas que je réussis tout systématiquement, mais plutôt que je garde beaucoup de ce que je considère comme imparfait. Même une image “moyenne” peut contenir quelque chose d’intéressant. Je vous expliquais d'ailleurs pourquoi, ici.


Une théorie intéressante sur la qualité


Je fais ici une petite parenthèse pour évoquer une théorie qu’un ami photographe m’avait partagée. Selon lui, on ne juge pas un photographe à ses meilleures images, mais à la qualité de ses moins bonnes.


Une photo tirée de mes archives sans grand intérêt
Une photographie sans grand intérêt, 1 étoile, Paris, 2017

C’est un renversement de pensée qui m’avait beaucoup plu. Réussir une excellente photo reste à la portée de n’importe qui : l’accident heureux ou le coup de maître peut toujours survenir. En revanche, chez l’amateur, le pire côtoie souvent le meilleur, tandis que chez un photographe expérimenté, j'ai l'impression qu'un resserrement se crée avec le temps : les images les moins réussies sont globalement de meilleure qualité ; une sorte de plancher qualitatif commence à apparaitre.


Il m’arrive très souvent de faire des photos correctes. Si je devais reprendre mon système de notation, par exemple, voici ce qu'il traduit :

  • 1 étoile = photo pour laquelle je n’accorde aucun intérêt ; elle est perfectible techniquement, émotionnellement, souvent les deux.

  • 2 étoiles = photo fonctionnelle mais qui ne me provoque rien ; il manque un des critères cités.

  • 3 étoiles = la catégorie que je remplis le plus : photos bien exposées, bien cadrées, il se passe quelque chose. En d’autres termes, rien à redire. Souvent, ce sont des images qui trouvent très bien leur place sur les réseaux sociaux mais peut mieux faire,

  • 4 et 5 étoiles = photos qui sortent du lot et méritent une plus grande attention ; ce sont celles que je sélectionne pour mes tirages d’art.


Pour être complètement transparent avec vous, j'ai actuellement 76 518 photos uniques dans mes archives qui se répartissent comme suit :

  • 15% ont 1 étoile,

  • 23% ont 2 étoiles,

  • 37% ont 3 étoiles,

  • 8% ont 4 étoiles,

  • et...0,1% ont 5 étoiles autrement dit, une pour mille.


Et pour les plus observateurs qui auraient essayé de faire les comptes : le total, en pourcentage comme en valeur absolue, n’atteint pas 100 %. Cela s’explique par la présence de quelques photos notées 0 étoile, d’images personnelles qui ne relèvent pas d’un classement professionnel, ainsi que de photos encore en attente d’évaluation.


Exemple d'une photographie presque parfaite, avec des gens qui boivent un verre à travers la vitrine d'un bar embué
Une photographie où qui sort vraiment du lot, 4 étoiles, Paris, 2025

Une histoire de constance


Premier constat : La photo exceptionnelle est... exceptionnelle sous bien des aspects .


Deuxième constat : si l’on devait dessiner un profil représentant ma production en termes de qualité, cela donnerait un rendu visuel en forme de toupie, avec le maximum de ma production au centre.


Alors que si l’on reprend l’exemple du photographe amateur, son diagramme pourrait ressembler à une pyramide, avec une base importante de mauvaises images. À l’inverse, un excellent photographe aurait le maximum de sa production dans les étages supérieurs.


Pour avoir vu les planches contacts de différents artistes de renom, seul Koudelka, sur une pellicule de 36 poses, était capable de produire un chef-d’œuvre à chaque déclenchement. Un véritable maître de constance et de qualité. Hormis pour des génies comme lui, rêver de profils en pyramide complètement inversée me semble presque irréel.


Enfin, dernier constat : en ne piochant que dans les images 4 et 5 étoiles pour mes œuvres imprimées, vous ne voyez en réalité même pas 10 % de ma production.


Ce qui me rememore une citation tirée d’une interview devenue célèbre, dans laquelle William Klein rappelait que, si une image est le résultat d’une fraction de seconde, alors même qu’on additionnerait le temps de toutes les photographies qui composent l’œuvre d’un photographe, on obtiendrait un résultat dérisoirement court.


Voici ce qu'il disait : « Une photo est prise au 1/125e de seconde. Qu’est-ce qu’on connaît du travail d’un photographe ? Une centaine de photos ? Disons 125. Cela fait une seconde. 250 photos ? Deux secondes."


De quoi réfléchir...


Platanes place de la Rochefoucauld à Angers, une de mes photographies les plus réussie
Une des rares photographies que je considère 5 étoiles, Angers, 2022

Le tri de second niveau : choisir entre des doublons


Une fois chaque image notée, je peux naviguer uniquement parmi celles qui comptent vraiment. C’est là qu’intervient le second tri : choisir une seule image parmi des séries très proches.


Je ne suis pas adepte du mode rafale ; je suis plutôt avare en clics. En revanche, j’aime varier mes cadrages et orientations (portrait / paysage). Face au même sujet, je peux facilement avoir 4, 5 voire 6 images très proches, présentant le même arbre.


Dans mes premières années, j’envoyais souvent plusieurs photos présentant ces variations à mes clients, pensant que cela serait apprécié. En réalité, cela compliquait davantage le choix. Trop d’images (même bonnes) créent de l’embarras. Aujourd’hui, j’essaie de ne montrer qu’une seule photo par scène, ou deux si la seconde est vraiment différente.


Ce choix est parfois frustrant : certaines images excellentes ne seront jamais vues, simplement parce qu’elles étaient trop proches d’une autre que j’ai préférée. Mais c’est en étant très critique que l’on passe d’une centaine de clichés à une quinzaine, voire une dizaine.

Aperçu de mon logiciel de classement et d'archivage de mes oeuvres
De retour d'Allemagne, il faut noter les photos produites

Exemple concret : un court séjour dans le Jura Souabe


Récemment, je suis revenu d’un court séjour dans le Jura Souabe avec une grosse centaine de photos. Après le premier tri :

  • 3 images avec 1 étoile

  • 23 images avec 2 étoiles

  • 69 images avec 3 étoiles

  • 23 images avec 4 étoiles

  • 0 images avec 5 étoiles.


Mais ma sélection finale, celle que je montrerai, ne comportera que dix à douze images, et parmi celles-ci, une ou deux seulement seront imprimées et éventuellement mises en vente.


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